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Texte à méditer :  

" Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent. " 

  
Lucie Aubrac
Journée nationale de la Résistance

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Lecture du message de l'ANACR par son président délégué départemental de l'Ardèche

Le Teil, le 27 mai 2018

Congrès national de DAX

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Henriette Dubois, présidente et Jacques Varin, secrétaire général entourés par la délégation de L'Ardèche

Témoignage de JEAN FOURAISON, disparu le 1 novembre 2016:

C'est complexe. .. et à la fois lointain et bien présent... 13 ans en septembre 1939. J‘étais jeune. bien jeune. ..

Assez vite toutefois, il m'apparut que le gouvernement de Vichy n'offrait pas de perspective généreuse et même pas de perspective du tout. Il prônait Ia patience, la résignation, la soumission, l'expiation des fautes (Iesquelles avions nous donc commises, nous adolescents?). De juin 1940 a   milieu 1942, ce fut une période de restrictions sévères, de disette, de misère, avec en toile de fond, une propagande anti-alliée atteignant souvent le ridicule. Dans cette lourde grisaille, cet étouffement aucune lueur d'avenir. Un horizon bouché, vite insupportable aux jeunes que nous étions.

L'espoir apparaissait de plus en plus du coté de DE GAULLE, des résistants et cet espoir se fortifia a partir de juin 1942 (débarquement allié en Afrique du Nord, victoire russe de Stalingrad). Le cours de la guerre basculait. Comme beaucoup, je le compris.

Apres l'occupation de la zone sud, en novembre 1942, se développa de plus en plus violemment un sentiment de rejet de I ‘occupant. Je n’y échapperai pas, moi qui presque quotidiennement dans les Lycées de TOURNON, à partir d’octobre1943, était en contact avec la "race des vainqueurs". Ce sentiment cohabita avec une soif de liberté qui alla elle aussi en s'exacerbant à mesure que Vichy multipliait les mesures autoritaires et discriminatoires (par exemple écarter les juifs et francs-maçons des administrations : je me destinais alors à I ‘Ecole Normale). L'occupant, devant l'opposition des populations, aggrava encore les mesures contraignantes (couvre-feu, remise des armes de chasse, réquisition des civils pour "garder" les voies ferrées). De plus, nous devenions les témoins de ce qu'était  la dictature nazie. l"'ordre nouveau" : arrestations à Tournon des frères THEVENON, (des voisins), des frères REYNAUD, puis de Johan GAY en avril-mai 1943, répression par la force d’une manifestation de 35 jeunes désignés pour Ie STO (1) à Tournon toujours en mai 1943, contacts  fortuits  avec des gens contraints de se cacher.

De tout cela, naquit très vite un sentiment de révolte de plus en plus violent au fur et à mesure que la situation s'aggravait, mais aussi que les actions des résistants (que la presse de Vichy ne pouvait plus passer sous son silence) devenaient nombreuses et efficaces (à Tournon, exécution d'un Commissaire de Police en novembre 1943, tracts, journaux clandestins, multiples sabotages de voies ferrées.)

On ne pouvait plus ne pas prendre parti. Je compris que ma place était avec les résistants. Que l‘avenir était du côté de ces hommes (que les journaux d'alors présentaient d'ailleurs comme des voyous et des agents de l’étranger). Pour être franc; je dois avouer que l'appel de la Resistance, c’était alors aussi pour moi, un peu l'appel de l’aventure.

Je crois que beaucoup de jeunes ont ressenti  cela, sans avoir bien conscience des risques énormes qu'ils encouraient.

J'ai fait comme beaucoup. .. Je n'ai pas choisi... Je suis allé vers l'organisation avec laquelle j'ai pu avoir des contacts : il s'est trouvé qu’il s'agissait des FRANCS-TIREURS et PARTISANS FRANCAIS (FTPF). Je ne savais pas alors à quoi correspondait ce sigle.

N'ayant pas de TSF à la maison, j'allais souvent écouter RADIO-LONDRES chez un voisin, M. Raymond ROUMEAS, transporteur de son état. J'aidais à l’occasion ses enfants, deux jumeaux de quatre ans mes cadets, à faire leurs devoirs. Ce brave homme, authentique résistant qui devait être abattu en août 1944 par une sentinelle allemande, employait de façon  irrégulière un Tournonais que j'avais connu avant-guerre (il m'avait appris à nager, étant moniteur bénévole a I'UNION NAUTIQUE et de SAUVETAGE). Nous bavardions à quatre, le chauffeur permanent de l'entreprise se joignant a nous. Mon ancien moniteur : Henri DARD, dit "RICOU", une figure tournonaise bien connue, avait constitué un groupe de résistants "légaux" (2)  particulièrement impliqué à partir de fin 1943 - début 1944 dans les sabotages de toutes sortes, groupe qui devint plus tard Ia 7103ème  bis. Compagnie FTPF. C'est avec eux que j'ai commencé à aider (bien modestement) la Resistance. Et cela jusqu'a mon départ en juin 1944, dans une Compagnie constituée et armée : la 7101ème cie FTP F, basée dans la région de LAMASTRE...

                                                                                                                                                                         Jean FOURAISON (« Nanou »)

                                                                                                                                                                          (7101-puis 7114èmecie FTPF)

(1) STO : Service du Travail Obligatoire : réquisition forcée des jeunes Français pour aller travailler dans les usines allemandes.

(2) Résistants qui agissaient tout en menant une vie apparemment normale chez eux et à leur travail.


Date de création : 05/11/2016 : 16:22
Catégorie : Comité de Tournon -
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Dernière info

                                              St Germain

 Exposition sur les lieux de mémoire de la Résistance dans le Sud Ardèche

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Le 8 septembre 2018, à la salle polyvalente de St Germain, le Comité Aubenas-Vals-Largentière  organisait une exposition sur les lieux de mémoire de la Résistance dans le Sud Ardèche, avec le soutien de l’Association des Enfants et Amis de Villeneuve de Berg. A 15h30, Alain Aymard président du comité, intervenait et commentait les 18 panneaux composés de photos et de textes.

       

      

Commémorations

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Hommage à LUCETTE OLIVIER

A  l’occasion du 75ème anniversaire de son assassinat par les nazis le 13 juillet 1943 au cours d’une distribution de tracts, le comité ANACR de Valréas (84) organisait Le vendredi 13 juillet 2018, au niveau de la plaque de rue portant son nom au Teil, un hommage à Lucette Olivier qui fut agent de liaison d’un groupe FTPF dans l’enclave des papes. Christiane Vard présidait la cérémonie, en présence d’une forte délégation de l’ANACR 07 et de son président. C’est la propre sœur de la jeune martyre qui déposa la gerbe, entourée par les porte-drapeaux des associations vauclusienne et ardéchoise.

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Massacre de THINES

Le 4 août 1943, six résistants sont morts dans le petit hameau de Tastevin à Thines. Ce fut le premier combat de la Résistance ardéchoise contre les troupes allemandes. Trois habitants furent aussi massacrés par les nazis.

Le 75ème anniversaire de cette tragédie fut commémoré le dimanche 5 août 2018 à 11h, à l’invitation d’Alain Nicault, maire de la commune, en présence de nombreux élus locaux et départementaux, ainsi que les associations d’anciens combattants. Les allocutions, dont celle de Jean-Marie Knockaert pour l’Association des amis du Musée de la Résistance, fut suivie par un dépôt de gerbes (celle de l'ANACR fut déposée par son président).

La cérémonie se termina par un verre offert par la municipalité, très apprécié par cette journée caniculaire.

Disparition

                                   Evelynes Guigon, ancienne Résistante

                                                                                                               

                                                                                                                                                                Evelynes.JPG

Une grande dame s’en est allée. Alors qu’on approche de la Journée nationale de la Résistance et du 75ème anniversaire de l’instauration du C.N.R. par Jean Moulin le 27 mai 1943, la disparition d’Evelynes Guigon le 2 mai 2018 aura plongé dans la peine l’ensemble du monde combattant Drôme-Ardèche ainsi que toutes celles et ceux attachés aux Valeurs civiques et humanistes liées au devoir de Mémoire. Avec la mort dans sa 97ème année, d’une personnalité valentinoise unanimement appréciée et reconnue, force est de ressentir qu’une page de l’Histoire est en train de se tourner…

Née Roussillon, en 1921, à Etoile au sein d’une famille ouvrière, Evelynes Guigon s’est d’emblée révélée bonne élève, ses études l’ayant conduite jusqu’à une admission sur liste complémentaire au concours d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs, les hasards de la vie la faisant opter pour des études de secrétariat, métier dont elle fera sa carrière en tant que secrétaire de Direction aux Nouvelles Galeries de Valence ; une compétence qui  lui sera précieuse par la suite pour la fabrication de faux papiers d’identité…

Ayant atteint une vingtaine d’années, elle fait très vite partie des révoltés face au rationnement imposé par les nazis et aux mesures prises par le régime de collaboration de Vichy ; et c’est son mariage avec Abel, l’homme de sa vie, qui va faire d’elle une Résistante, sous le pseudo de Lina : avec un mari réfractaire au STO commencent alors toutes les solutions pour échapper au départ vers l’Allemagne. Son père étant par ailleurs engagé dans le réseau Résistance-Fer, Evelynes est appelée à de multiples missions, dont celle d’agent de liaison.

Au cours de ces actions, dictées par un impérieux refus de subir, les épisodes les plus dangereux, notamment face à la Milice, ne vont pas manquer au jeune couple. Dénonciation, perquisition très dure au domicile, emprisonnement pendant 30 jours d’Abel, condamnation avec sursis d’Evelynes, évasion rocambolesque d’Abel. Lina se trouvera contrainte de quitter son emploi à Valence pour rejoindre avec Abel (devenu « Noël » dans la Résistance) les FTPF d’Ardèche, le Vercors ayant été décimé, avant d’intégrer les FFI. A la Libération, Evelynes poursuivit cet engagement dans l’Armée de Terre, étant démobilisée en 1946 avec le grade d’Adjudant.

Mais pour elle, comme pour Abel, l’esprit de la Résistance aura marqué l’idéal de toute une vie. Ce sera l’engagement à de hautes responsabilités au sein de l’ARAC, de l’ANACR dans l’Ardèche puis dans la Drôme, de « Femmes Solidaires » de la  Drôme, œuvrant inlassablement pour un monde en paix, de justice sociale,  des progrès de la condition féminine. Au sein du monde combattant, ONAC, UDAC comme lors du jury du Concours de la Résistance et de la Déportation, elle aura, par sa gentillesse, sa disponibilité, son esprit d’analyse, sa droiture suscité  respect et amitié auprès de tous ceux qu’elle aura côtoyés. Une vie publique bien remplie n’oubliant pas les joies de la vie familiale, enfants petits et arrières petits enfants, malgré le vide laissé par la disparition récente d’Abel. Un grand moment fut pour elle, en février 2017, de remettre à La Baume Cornillane, la Légion d’Honneur à Mireille Monier-Lovie, vice-présidente nationale de l’ANACR et dont on savait la disparition prochaine.

Les derniers temps, forte d’un moral à toute épreuve, face à une santé terriblement éprouvée, Evelynes Guigon évoquait encore la reprise de ses activités associatives, prenait des nouvelles auprès de ses visiteurs des actions de sa chère ANACR 26 dont elle était devenue Présidente d’Honneur. Ainsi, jusqu’à son dernier souffle, elle aura été l’image affectionnée du poète, René Char, faisant rimer « Résistance et Espérance » ; la force même de l’exemple pour les jeunes générations en lesquelles elle plaçait toute sa confiance.

                                                                                                                               Jean Lovie, président d’honneur de l’ANACR 26

Calendrier
Légion d'honneur

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Remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur le 9 octobre 2017 à la Mairie d’ANNONAY, par Monsieur Alain TRIOLLE,  Préfet de L’Ardèche et Monsieur Olivier DUSSOPT, Député de l’ARDECHE à notre camarade René THORGUE, Président du comité d’Annonay, Vice Président Départemental

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