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Texte à méditer :  

" Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent. " 

  
Lucie Aubrac

Pourquoi et comment je suis entré en Résistance

Témoignage de JEAN FOURAISON, disparu le 1 novembre 2016:

C'est complexe. .. et à la fois lointain et bien présent... 13 ans en septembre 1939. J‘étais jeune. bien jeune. ..

Assez vite toutefois, il m'apparut que le gouvernement de Vichy n'offrait pas de perspective généreuse et même pas de perspective du tout. Il prônait Ia patience, la résignation, la soumission, l'expiation des fautes (Iesquelles avions nous donc commises, nous adolescents?). De juin 1940 a   milieu 1942, ce fut une période de restrictions sévères, de disette, de misère, avec en toile de fond, une propagande anti-alliée atteignant souvent le ridicule. Dans cette lourde grisaille, cet étouffement aucune lueur d'avenir. Un horizon bouché, vite insupportable aux jeunes que nous étions.

L'espoir apparaissait de plus en plus du coté de DE GAULLE, des résistants et cet espoir se fortifia a partir de juin 1942 (débarquement allié en Afrique du Nord, victoire russe de Stalingrad). Le cours de la guerre basculait. Comme beaucoup, je le compris.

Apres l'occupation de la zone sud, en novembre 1942, se développa de plus en plus violemment un sentiment de rejet de I ‘occupant. Je n’y échapperai pas, moi qui presque quotidiennement dans les Lycées de TOURNON, à partir d’octobre1943, était en contact avec la "race des vainqueurs". Ce sentiment cohabita avec une soif de liberté qui alla elle aussi en s'exacerbant à mesure que Vichy multipliait les mesures autoritaires et discriminatoires (par exemple écarter les juifs et francs-maçons des administrations : je me destinais alors à I ‘Ecole Normale). L'occupant, devant l'opposition des populations, aggrava encore les mesures contraignantes (couvre-feu, remise des armes de chasse, réquisition des civils pour "garder" les voies ferrées). De plus, nous devenions les témoins de ce qu'était  la dictature nazie. l"'ordre nouveau" : arrestations à Tournon des frères THEVENON, (des voisins), des frères REYNAUD, puis de Johan GAY en avril-mai 1943, répression par la force d’une manifestation de 35 jeunes désignés pour Ie STO (1) à Tournon toujours en mai 1943, contacts  fortuits  avec des gens contraints de se cacher.

De tout cela, naquit très vite un sentiment de révolte de plus en plus violent au fur et à mesure que la situation s'aggravait, mais aussi que les actions des résistants (que la presse de Vichy ne pouvait plus passer sous son silence) devenaient nombreuses et efficaces (à Tournon, exécution d'un Commissaire de Police en novembre 1943, tracts, journaux clandestins, multiples sabotages de voies ferrées.)

On ne pouvait plus ne pas prendre parti. Je compris que ma place était avec les résistants. Que l‘avenir était du côté de ces hommes (que les journaux d'alors présentaient d'ailleurs comme des voyous et des agents de l’étranger). Pour être franc; je dois avouer que l'appel de la Resistance, c’était alors aussi pour moi, un peu l'appel de l’aventure.

Je crois que beaucoup de jeunes ont ressenti  cela, sans avoir bien conscience des risques énormes qu'ils encouraient.

J'ai fait comme beaucoup. .. Je n'ai pas choisi... Je suis allé vers l'organisation avec laquelle j'ai pu avoir des contacts : il s'est trouvé qu’il s'agissait des FRANCS-TIREURS et PARTISANS FRANCAIS (FTPF). Je ne savais pas alors à quoi correspondait ce sigle.

N'ayant pas de TSF à la maison, j'allais souvent écouter RADIO-LONDRES chez un voisin, M. Raymond ROUMEAS, transporteur de son état. J'aidais à l’occasion ses enfants, deux jumeaux de quatre ans mes cadets, à faire leurs devoirs. Ce brave homme, authentique résistant qui devait être abattu en août 1944 par une sentinelle allemande, employait de façon  irrégulière un Tournonais que j'avais connu avant-guerre (il m'avait appris à nager, étant moniteur bénévole a I'UNION NAUTIQUE et de SAUVETAGE). Nous bavardions à quatre, le chauffeur permanent de l'entreprise se joignant a nous. Mon ancien moniteur : Henri DARD, dit "RICOU", une figure tournonaise bien connue, avait constitué un groupe de résistants "légaux" (2)  particulièrement impliqué à partir de fin 1943 - début 1944 dans les sabotages de toutes sortes, groupe qui devint plus tard Ia 7103ème  bis. Compagnie FTPF. C'est avec eux que j'ai commencé à aider (bien modestement) la Resistance. Et cela jusqu'a mon départ en juin 1944, dans une Compagnie constituée et armée : la 7101ème cie FTP F, basée dans la région de LAMASTRE...

                                                                                                                                                                         Jean FOURAISON (« Nanou »)

                                                                                                                                                                          (7101-puis 7114èmecie FTPF)

(1) STO : Service du Travail Obligatoire : réquisition forcée des jeunes Français pour aller travailler dans les usines allemandes.

(2) Résistants qui agissaient tout en menant une vie apparemment normale chez eux et à leur travail.


Date de création : 05/11/2016 : 16:22
Catégorie : Comité de Tournon -
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Disparition

                                CECILE ROL TANGUY

                                                                                                      

                                 Notre présidente centenaire est décédée

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Communiqué du bureau national:

C’est avec une profonde émotion et une grande tristesse que nous avons appris en ce 8 mai 2020, jour du 75ème anniversaire de la Victoire sur le nazisme, la disparition de Cécile Rol-Tanguy qui, antifasciste dès sa jeunesse, Résistante depuis les premiers jours de l’Occupation et au régime pétainiste, prit pleinement sa part dans le combat pour la Libération de la France et pour cette Victoire sur la barbarie.

Fille de Germaine et François Le Bihan ouvrier électricien, syndicaliste et militant communiste qui mourra en déportation, Cécile Le Bihan, née à Royan le 10 avril 1919, passa son enfance au Vésinet (Seine-et-Oise), puis à Paris à partir de 1933. Titulaire du Brevet élémentaire, elle suivit le cours Pigier de sténodactylo et fut embauchée en novembre 1936 au Syndicat des métaux CGT de la région parisienne, où elle rencontra Henri Tanguy.

Elle adhéra en 1936 à l’Union des Jeunes Filles de France (UJFF), puis, en 1938, au Parti communiste, et devint la marraine de guerre d’Henri Tanguy, combattant des Brigades internationales, avec qui elle se maria le 15 avril 1939.

L’hiver 1939-1940, Henri Tanguy mobilisé, Cécile conserva des contacts militants, tel celui qui s’avéra essentiel avec Marcelle Gautier, femme d’Henri Gautier, trésorier du Syndicat des Métaux, clandestin depuis que sa direction avait refusé de désavouer le pacte germano-soviétique. Grâce à cette liaison, Henri Tanguy, démobilisé, put reprendre contact dès le 19 août 1940 avec Gautier, puis prévenu le 5 octobre de l’arrestation de celui-ci, entrer immédiatement en clandestinité. De l’automne 1940 au printemps 1941, Cécile Tanguy frappa des stencils et assura des liaisons pour les Comités populaires des métallos, dont Henri fut l’un des responsables.

A partir de juillet 1941, Cécile Tanguy, successivement «Jeanne», «Yvette», «Lucie», joua un rôle essentiel auprès d’Henri quand celui-ci devint responsable, militaire ou politique, de directions interrégionales des premiers groupes armés, puis des FTP. Secrétaire, elle frappa tracts, directives, rapports à la direction nationale FTP, journaux clandestins.

Agent de liaison, elle assura de 1941 à 1943 le contact avec Marcel Paul, puis avec les membres des triangles de direction à Paris : Raymond Losserand et Gaston Carré, puis Roger Linet et Raymond Colin, enfin Joseph Epstein et Edouard Vallerand ; avec des responsables FTP dépendant de la direction interrégionale : en Anjou Maurice Lacazette et Marcel Hamon, à Paris Boris Holban ou Boris Milev, de la MOI ; avec la direction nationale FTP : Eugène Hénaff, Georges Vallet, René Camphin, Georges Tessier, Albert Ouzoulias, Pierre Le Queinnec, d’autres encore. Elle transporta aussi tracts et journaux clandestins, armes et explosifs, parfois dans le landau de leur fille, Hélène, née le 28 mai 1941.

Malgré la clandestinité, Cécile et Henri  préservèrent un espace de vie familiale, en dépit des nombreux déplacements et de fréquentes séparations de domicile. Ils cohabitèrent cependant à Quinçay près de Poitiers à l’automne 1942, puis à Antony après le retour en Région parisienne en mars 1943. Leur fils, Jean, naquit à Antony le 13 novembre 1943.

Lorsque Henri Tanguy fut affecté en automne 1943 aux FFI, puis devint en juin 1944, sous le nom de «colonel Rol», chef régional des FFI d’Ile-de-France, Cécile continua à remplir sa double fonction. Elle frappa les ordres du chef régional et assura ses liaisons avec le général Malleret-Joinville, chef d’état-major national des FFI, avec les colonels Avia et Villate, de l’état-major régional, avec les états-majors départementaux FFI, la direction nationale FTP, avec Pierre Villon, représentant du Front national au CNR et Président du COMAC, avec, pendant l’insurrection parisienne, André Tollet, président du Comité Parisien de Libération.

Cécile Tanguy, présente en août 1944 dans le PC souterrain de Rol Place Denfert-Rochereau, y tapa l’Appel à l’insurrection de la Région parisienne qu’Henry lui dicta. Le 28 août 1944, elle sera la seule femme invitée à la réception au Ministère de la Guerre par le général de Gaulle des responsables de la Résistance dans Paris libéré.

Au lendemain de la Libération, alors qu’Henri Tanguy, désormais «Rol-Tanguy» – patronyme officialisé en 1970 – rejoignait le général Koenig au Gouvernement militaire de Paris, et commençait une carrière militaire, Cécile fut notamment chargée d’organiser le service social de l’état-major régional FFI, créé en octobre 1944, et qui fut intégré dans l’armée régulière en mars 1945.

 Adhérente du Parti communiste, membre de l’Union des Femmes Françaises (UFF), elle s’engagea dans la préservation de la mémoire des combats des antifascistes et des Résistants, et pour la transmission des valeurs pour lesquelles ils combattirent, en premier lieu à la jeunesse. Depuis le décès d’Henri Rol-Tanguy le 8 septembre 2002, Cécile Rol-Tanguy est très souvent intervenue, partout à travers la France, devant des jeunes collégiens et lycéens ; en 2011, elle vint évoquer l’Insurrection parisienne au Stage National de l’ANACR.

Présente à plusieurs congrès nationaux de l’ANACR, elle en devint à celui de Lons-le-Saunier en 2012, Présidente nationale avec Louis Cortot, Henriette Dubois (Nelly) et Pierre Martin.

Pour toutes celles et ceux qui l’ont connue dans ces instances et assises de l’ANACR, en premier lieu les membres du Bureau national, Cécile par toute sa vie, a été, est et restera un exemple inspirant le plus profond respect ; et toutes et tous garderont avec émotion le souvenir de sa chaleur humaine, le souvenir de cette Grande dame de la Résistance.

Médaillée de la Résistance en septembre 1945, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance, homologuée lieutenant FFI en janvier 1946, chevalier de la Légion d’honneur en avril 1984, elle fut en 2013 élevée à la dignité de  Grand officier de la Légion d’honneur et, le 18 novembre 2017, à celle de Grand’Croix de l’Ordre National du Mérite.

En ces moments douloureux, au nom de tous les membres du Bureau National, de tous les membres de l’ANACR, nous tenons, partageant leur peine, à exprimer à ses enfants, Hélène, Claire, Jean, et Francis, à ses petits-enfants, à tous ses proches, nos sentiments les plus affectueux.

Pour le Bureau National de l’ANACR :

Pierre MARTIN, Président, Jacques WEILLER, Anne FRIANT-MENDRES, Anne-Marie MONTAUDON, Martine PETERS, Robert FOREAU-FENIER, Vice-Président(e)s, Jacques VARIN, Secrétaire général, Jean-Paul BEDOIN, Secrétaire-général adjoint.

Dernière info

                                               Vogüé

Rond point de la Résistance

Inauguration le 26 septembre 2019

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Un projet de sculpture évoquant l’action de la résistance initié par l’ANACR et devant être réalisé par Pierre Louis Chipon fut intégré par la mairie de Vogüé à l’aménagement de l’intersection de la route départementale n°579 et de la route de St Germain, appelée à notre demande : Rond-point de la Résistance.

Ce projet rendant hommage à l’ensemble des Résistantes et Résistants fut mené à bien par la commune en partenariat avec notre association. Ce lieu qui participera à l’avenir au devoir de mémoire a été inauguré le jeudi 26 septembre 2019.

Partis du quartier de la gare, c’est en cortège que les porte-drapeaux des associations d’anciens combattants, suivis des autorités et de la population, se sont rendus à l’emplacement de la cérémonie. Après le dévoilement d’une plaque explicative par Mme Geneviève Laurent, maire de Vogüé et par Mr Alain Aymard, président départemental de l’ANACR, les enfants des écoles déposèrent des fleurs avant le dépôt de gerbe de l’ANACR, du sous préfet et des élus.

Soulignons la présence de Patrick Lévérino, sous préfet de Largentière, de Fabrice Brun, député, de Mathieu Darnaud, sénateur, de Laurence Allefresde, vice présidente du Conseil Départemental, chargée de la jeunesse, de la vie associative, et du devoir de mémoire et de Jean Marie Knockaert, représentant l’association des amis du Musée départemental de la Résistance en Ardèche et de la déportation.

L’assemblée se rendit ensuite à l’école « Volamau » où les enfants, encadrés par leur professeur, Estelle Jouffre, ont lu des textes relatifs à l’époque de la guerre (poèmes, lettres). Après les discours des personnalités, la manifestation se termina par le traditionnel verre de l’amitié.

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Commémorations

75ème ANNIVERSAIRE DE LA LIBERATION D’ANNONAY

     

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 Les adhérents du comité local d’Annonay de l’ANACR (Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance) en collaboration avec la Mairie d’Annonay ont voulu donner un relief particulierà ce 75ème anniversaire de la Libération d’Annonay le 6 juin 2019.

Il ne faut pas oublier qu’Annonay fût la 1ère ville de France à être libérée

 Aussi le programme fut varié et haut en couleurs. A 16heures, Place de la liberté début de la commémoration avec la lecture par Yves Boulanger, membre de l’ANACR du texte de Jacques de Sugny, Président du Comité de libération  "La République est rétablie...Maintenant que le signal de l'attaque est donné, il faut s'unir et combattre. Les cheminots doivent arrêter tous les transports de l'ennemi...La grève insurrectionnelle des travailleurs doit être immédiate et totale..."

Ensuite les élèves des écoles primaires d’Annonay et de Vanosc, des Collèges des Perrières et de La Lombardière, du Lycée Boissy d’Anglas ont lu des textes sur la Liberté

L’estrade était trop petite pour accueillir toute cette jeunesse, un  moment fort en présence des Elus de la Ville d’Annonay et de la Communauté d’Agglomération, de Françoise de Sugny, fille de Jacques de Sugny, de Monsieur Legendre, Directeur de l’ONAC, de nombreux membres de l’ANACR départementale (Président, Vice- Président, secrétaire départementale, Porte Drapeaux) et locale, des représentants du Musée de la Résistance, des associations d’anciens combattants et une foule nombreuse. De plus l’association La Vanaude et des particuliers exposaient cars et véhicules d’époque.
Ensuite  tout le monde s’est mis en place derrière les porte-drapeaux et les enfants agitant des petits drapeaux tricolores pour rejoindre la Place de la Libération pour la cérémonie officielle. Après les discours les élèves des 2 Collèges ont lu des témoignages, la Chorale Chœur fidèle  a repris des chants d’époque et cette journée s’est terminée par le traditionnel verre de l’amitié, le club de danse de Roiffieux, la Chorale et le trio musette qui assuraient l’animation.