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Texte à méditer :  

" Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent. " 

  
Lucie Aubrac
Journée nationale de la Résistance

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Lecture du message de l'ANACR par son président délégué départemental de l'Ardèche

Le Teil, le 27 mai 2018

Congrès national de DAX

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Henriette Dubois, présidente et Jacques Varin, secrétaire général entourés par la délégation de L'Ardèche

Journées du Patrimoine  Le 17 et 18 septembre

placées sous le thème « Patrimoine et citoyenneté »

Intervention de René Couix, ancien résistant

            À ce propos on peut rappeler la devise d’Annonay :

         CIVES ET SEMPER CIVES – CITOYEN ET TOUJOURS CITOYEN

Pour les Journées du patrimoine, à l’invitation du Musée du Car de Vanosc, nous avons mis à la disposition du musée quatre panneaux traitant de la Résistance, auxquels nous avons ajouté deux panneaux soulignant pour l’un la présentation du camp FFI de l’AS secteur A (Vanosc-Le Monestier) et pour l’autre d’actes courageux de deux jeunes femmes françaises.

Le samedi 17 septembre, René COUIX a partagé avec une cinquantaine de personnes présentes son vécu de Résistant et répondu aux questions. Parmi le public se trouvaient, notamment :

  • Anne BOUDON, auteur du livre « Les grenades sous le plancher »
  • Ingmar GRANSTEDT, socio-économiste
  • Sébastien VERNEY, auteur du livre « Annonay, histoires de guerre (1940-1945) »
  • Monsieur Yves BOULANGER, maire de Vanosc

Dans son intervention, René COUIX a tout d’abord rappelé que l’armistice avait été demandé aux Allemands par le maréchal Pétain le 17 juin 1940 et qu’il fut signé le 22 juin. Entre temps, des combats sanglants eurent lieu pour la défense d’Annonay qui avait été confiée au 6ème régiment de spahis algériens et le 4ème régiment de spahis marocains. Sept spahis sont morts dans les affrontements.

Le 23 juin 1940, dès 22 heures, le gouvernement français considérait qu’Annonay était aux mains des Allemands. C’est alors qu’ont pris place plusieurs actes de courage, d’audace et de dévouement. Au cours de cette nuit, plusieurs Annonéens ont secouru, transporté et caché chez eux des blessés. C’était déjà de la résistance, marquée par l’action exemplaire d’une jeune postière, Louise VUILLEZ, qui, au péril de sa vie alors que les Allemands avaient envahi la ville, alla porter un message annonçant la défaite et l’ordre de repli à un groupe de spahis coincé dans un entrepôt à proximité immédiate d’un pont gardé par les Allemands. Grâce à un subterfuge, ils purent se sauver sans se servir d’armes.

René COUIX a ensuite évoqué la naissance de la Résistance dans la région insistant sur l’impossibilité pour de nombreux citoyens qui refusaient la défaite, l’occupation ou le régime de Vichy d’intégrer un mouvement de résistance. On se méfiait du voisin et les premiers noyaux de résistance, créés par des partis politiques ou des associations religieuses, ne se sont constitués qu’à partir de 1942.

Dans la deuxième partie de son intervention, c’est du camp FFI de l’AS secteur A de Vanosc-Le Monestier dont il a été question.

Créé le 6 juin 1944, jour du débarquement des troupes alliées sur les côtes de Normandie et de la libération par les résistants d’Annonay (la ville fut reprise par les Allemands le 19 juin), le « Maquis de Vanosc », comme on l’appelle communément, fut dissout fin septembre 1944. D’une centaine le 6 juin, il avait dépassé en août les 1800 partisans (volontaires, réfractaires au STO, résistants de l’ombre).

La partie opérationnelle du camp FFI de l’AS secteur A, composée de quatre détachements comprenant chacun 3 compagnies de 60 hommes, était installé dans des hameaux autour de Vanosc : Métrosc, Chazeaux, Préaux, Combes et Le Monestier. Ils disposaient avec d’autres groupes de plus de mille combattants entraînés.

L’état-major était installé à l’Hôtel Mary à Vanosc et regroupait les bureaux des différents services : ravitaillement, matériel et transports, renseignements, police et prévôté, transmissions, génie, effectifs et santé. Les entrepôts de ces services occupaient les locaux des deux écoles. Le commando américain « Louise », parachuté le 19 juillet 1944, était logé à l’Hôtel de la Place. Le Service de santé occupait l’école publique de garçons où Madame PÉAUD, infirmière, assurait, avec d’autres infirmières et personnel soignant, les premiers soins des blessés. Ce service fut dirigé un peu plus tard par le docteur NABUC. Il a été particulièrement efficace, car, en représailles, Le Monestier et Vanosc ont subi de nombreux bombardements et mitraillages qui firent une dizaine de victimes, dont une fillette de 10 ans et un jeune maquisard de 16 ans le jour même de son incorporation. Il y eut aussi une vingtaine de blessés parmi la population.

Le Central téléphonique dernière génération, subtilisé à la compagnie des aviateurs français installée à Saint-Pierre-de-Bœuf (Loire), se trouvait dans une aile de l’Hôtel Valla avec l’équipe des techniciens. Ce service, grâce à la mise en « Y » dans la vallée du Rhône de plusieurs circuits interurbains, était en mesure d’intercepter en permanence une bonne partie des conversations des Allemands. Le Service des renseignements et liaisons occupait la 2ème aile de l’Hôtel Valla. Parmi ses agents, il y avait notamment, sous les ordres du responsable du service, HÉNON, trois jeunes femmes qui venaient épisodiquement se reposer entre deux missions. Leurs pseudos : Mado, Christiane et Victoire.

De Mado, René COUIX n’a pas eu de nouvelles. Christiane a participé à de nombreux sabotages de voies ferrées dans la Vallée du Rhône. Quant à Victoire, avant de rejoindre le Maquis de Vanosc, elle avait déjà un passé de résistante. Début 1942, elle avait infiltré un service de la milice à Lyon et fait échouer plusieurs enquêtes. En novembre 1942, elle rejoignit l’équipe d’un membre du Franc-Tireur à Saint-Etienne où habitait sa famille. Ce fut sa nomination d’institutrice à Bourg-Argental en octobre 1943 qui la rapprocha du mouvement de résistance « France d’abord » de la région de Vanosc et qui lui permit d’assurer une liaison constante entre le secteur de Vanosc et les agents de Saint-Etienne.

Dès le 6 juin 1944, les troupes allemandes basées dans le Sud-Est de la France avaient reçu l’ordre de l’état-major allemand de rejoindre au plus vite celles de Normandie pour les renforcer. Mais ordre avait aussi été donné à tous les Maquis, par Les Mouvements Unis de la Résistance (MUR), de retarder leur progression.

Pour cela il était indispensable d’empêcher le passage des troupes allemandes par la R121 laquelle permettait d’atteindre le Massif Central et de là, la Normandie. Étant donné sa configuration, cette route n’était pas propice à une action de harcèlement. Aussi était-il impératif de mettre hors service le pont de la Vigneronde, situé à 5 km d’Annonay.

Puis les maquisards ont poursuivi les opérations de sabotages sur la voie ferrée Lyon – Nîmes et multiplié les embuscades entre Annonay et Saint-Etienne sur l’ancienne RN82 – la légendaire Route Bleue qui reliait Paris à la Côte d’azur. Ainsi, le 14 juin 1944, les troupes allemandes furent accrochées à La Versanne par l’AS de Vanosc et les FTP du Col de Juvenet qui avaient été prévenus par les postières d’Annonay qu’un convoi allemand venant de Serrières se dirigeait sur St Etienne via Annonay. Les troupes allemandes subirent de lourdes pertes humaines et matérielles. Du côté des maquisards, on déplora 6 morts. Deux autres jeunes maquisards, Edmond Poulain et Jean Ferry, furent faits prisonniers et exécutés quelque temps après devant la population de La Bachasse. Le 17 juin, en représailles, une attaque allemande sur le camp de Vanosc à partir de Bourg-Argental, arrêtée à Burdignes, se solda par deux maquisards exécutés et une dizaine de victimes dans les rangs allemands.

Parmi les actions remarquables des maquisards de l’AS de Vanosc, René COUIX évoqua le détournement réussi sur Annonay de l’un des derniers trains de déportés français en partance pour l’Allemagne, dans la nuit du 3 au 4 août 1944. Les 71 prisonniers, à l’exception de trois qui furent tués au cours de l’assaut, furent libérés.

Après le 15 août, jour du débarquement allié en Provence, le Maquis de Vanosc redoubla ses actions de harcèlement contre les troupes allemandes dans la vallée du Rhône pour gêner leurs replis.

Enfin, le 27 août 1944, un grand convoi de maquisards FFI de l’AS secteur A (Vanosc-Le Monestier) partait de Vanosc pour aider à la Libération de Lyon.

L’intervention du 17 septembre 2016  se clôtura par le Chant des Partisans interprété par Isabelle Fressenon.

Au nom de tous les anciens résistants, René COUIX  remercie chaleureusement toute la population de Le Monestier et de Vanosc pour son courage, son accueil et sa compréhension.

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Date de création : 28/10/2016 : 09:41
Catégorie : Comité d'Annonay -
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Dernière info

                                              St Germain

 Exposition sur les lieux de mémoire de la Résistance dans le Sud Ardèche

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Le 8 septembre 2018, à la salle polyvalente de St Germain, le Comité Aubenas-Vals-Largentière  organisait une exposition sur les lieux de mémoire de la Résistance dans le Sud Ardèche, avec le soutien de l’Association des Enfants et Amis de Villeneuve de Berg. A 15h30, Alain Aymard président du comité, intervenait et commentait les 18 panneaux composés de photos et de textes.

       

      

Commémorations

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Hommage à LUCETTE OLIVIER

A  l’occasion du 75ème anniversaire de son assassinat par les nazis le 13 juillet 1943 au cours d’une distribution de tracts, le comité ANACR de Valréas (84) organisait Le vendredi 13 juillet 2018, au niveau de la plaque de rue portant son nom au Teil, un hommage à Lucette Olivier qui fut agent de liaison d’un groupe FTPF dans l’enclave des papes. Christiane Vard présidait la cérémonie, en présence d’une forte délégation de l’ANACR 07 et de son président. C’est la propre sœur de la jeune martyre qui déposa la gerbe, entourée par les porte-drapeaux des associations vauclusienne et ardéchoise.

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Massacre de THINES

Le 4 août 1943, six résistants sont morts dans le petit hameau de Tastevin à Thines. Ce fut le premier combat de la Résistance ardéchoise contre les troupes allemandes. Trois habitants furent aussi massacrés par les nazis.

Le 75ème anniversaire de cette tragédie fut commémoré le dimanche 5 août 2018 à 11h, à l’invitation d’Alain Nicault, maire de la commune, en présence de nombreux élus locaux et départementaux, ainsi que les associations d’anciens combattants. Les allocutions, dont celle de Jean-Marie Knockaert pour l’Association des amis du Musée de la Résistance, fut suivie par un dépôt de gerbes (celle de l'ANACR fut déposée par son président).

La cérémonie se termina par un verre offert par la municipalité, très apprécié par cette journée caniculaire.

Disparition

                                   Evelynes Guigon, ancienne Résistante

                                                                                                               

                                                                                                                                                                Evelynes.JPG

Une grande dame s’en est allée. Alors qu’on approche de la Journée nationale de la Résistance et du 75ème anniversaire de l’instauration du C.N.R. par Jean Moulin le 27 mai 1943, la disparition d’Evelynes Guigon le 2 mai 2018 aura plongé dans la peine l’ensemble du monde combattant Drôme-Ardèche ainsi que toutes celles et ceux attachés aux Valeurs civiques et humanistes liées au devoir de Mémoire. Avec la mort dans sa 97ème année, d’une personnalité valentinoise unanimement appréciée et reconnue, force est de ressentir qu’une page de l’Histoire est en train de se tourner…

Née Roussillon, en 1921, à Etoile au sein d’une famille ouvrière, Evelynes Guigon s’est d’emblée révélée bonne élève, ses études l’ayant conduite jusqu’à une admission sur liste complémentaire au concours d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs, les hasards de la vie la faisant opter pour des études de secrétariat, métier dont elle fera sa carrière en tant que secrétaire de Direction aux Nouvelles Galeries de Valence ; une compétence qui  lui sera précieuse par la suite pour la fabrication de faux papiers d’identité…

Ayant atteint une vingtaine d’années, elle fait très vite partie des révoltés face au rationnement imposé par les nazis et aux mesures prises par le régime de collaboration de Vichy ; et c’est son mariage avec Abel, l’homme de sa vie, qui va faire d’elle une Résistante, sous le pseudo de Lina : avec un mari réfractaire au STO commencent alors toutes les solutions pour échapper au départ vers l’Allemagne. Son père étant par ailleurs engagé dans le réseau Résistance-Fer, Evelynes est appelée à de multiples missions, dont celle d’agent de liaison.

Au cours de ces actions, dictées par un impérieux refus de subir, les épisodes les plus dangereux, notamment face à la Milice, ne vont pas manquer au jeune couple. Dénonciation, perquisition très dure au domicile, emprisonnement pendant 30 jours d’Abel, condamnation avec sursis d’Evelynes, évasion rocambolesque d’Abel. Lina se trouvera contrainte de quitter son emploi à Valence pour rejoindre avec Abel (devenu « Noël » dans la Résistance) les FTPF d’Ardèche, le Vercors ayant été décimé, avant d’intégrer les FFI. A la Libération, Evelynes poursuivit cet engagement dans l’Armée de Terre, étant démobilisée en 1946 avec le grade d’Adjudant.

Mais pour elle, comme pour Abel, l’esprit de la Résistance aura marqué l’idéal de toute une vie. Ce sera l’engagement à de hautes responsabilités au sein de l’ARAC, de l’ANACR dans l’Ardèche puis dans la Drôme, de « Femmes Solidaires » de la  Drôme, œuvrant inlassablement pour un monde en paix, de justice sociale,  des progrès de la condition féminine. Au sein du monde combattant, ONAC, UDAC comme lors du jury du Concours de la Résistance et de la Déportation, elle aura, par sa gentillesse, sa disponibilité, son esprit d’analyse, sa droiture suscité  respect et amitié auprès de tous ceux qu’elle aura côtoyés. Une vie publique bien remplie n’oubliant pas les joies de la vie familiale, enfants petits et arrières petits enfants, malgré le vide laissé par la disparition récente d’Abel. Un grand moment fut pour elle, en février 2017, de remettre à La Baume Cornillane, la Légion d’Honneur à Mireille Monier-Lovie, vice-présidente nationale de l’ANACR et dont on savait la disparition prochaine.

Les derniers temps, forte d’un moral à toute épreuve, face à une santé terriblement éprouvée, Evelynes Guigon évoquait encore la reprise de ses activités associatives, prenait des nouvelles auprès de ses visiteurs des actions de sa chère ANACR 26 dont elle était devenue Présidente d’Honneur. Ainsi, jusqu’à son dernier souffle, elle aura été l’image affectionnée du poète, René Char, faisant rimer « Résistance et Espérance » ; la force même de l’exemple pour les jeunes générations en lesquelles elle plaçait toute sa confiance.

                                                                                                                               Jean Lovie, président d’honneur de l’ANACR 26

Calendrier
Légion d'honneur

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Remise des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur le 9 octobre 2017 à la Mairie d’ANNONAY, par Monsieur Alain TRIOLLE,  Préfet de L’Ardèche et Monsieur Olivier DUSSOPT, Député de l’ARDECHE à notre camarade René THORGUE, Président du comité d’Annonay, Vice Président Départemental

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